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Plans 3D et maquette BIM d'un projet de contrôle d'accès

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Plans 3D et maquette BIM d'un projet de contrôle d'accès

Un projet de contrôle d’accès se joue sur plan bien avant le chantier. Les plans 3D montrent la place des bornes, les girations des véhicules et le passage des réseaux enterrés. Un logiciel graphique 3D en tire ensuite les quantités et les pièces écrites qui servent à comparer les offres des entreprises sur une base identique.

Ce qu’un plan de contrôle d’accès doit représenter

Une entrée de site équipée de bornes escamotables, d’une barrière levante et d’une guérite forme un petit ouvrage de voirie. Cinq couches d’information doivent figurer sur son plan, lisibles séparément :

  • les emprises : fosses des bornes, massif de la barrière, îlot de la guérite, zone d’attente ;
  • les réseaux existants, avec leur tracé et la fiabilité de leur localisation ;
  • l’alimentation et la commande : armoire, tranchées, fourreaux, chambres de tirage ;
  • les girations des véhicules qui fréquentent réellement le site, secours compris ;
  • les cheminements piétons et le passage laissé libre entre les obstacles.

Les règles d’espacement et de zone tampon présentées dans notre guide pour aménager un parking avec bornes et barrières se vérifient à ce stade, quand déplacer une fosse ne coûte qu’un trait.

La couche des réseaux enterrés engage le maître d’ouvrage. Le guichet unique Réseaux et canalisations, opéré par l’Ineris, lui demande d’en tenir compte dès la conception : il y dessine l’emprise des travaux, puis récupère la liste des exploitants concernés, un plan géoréférencé de cette emprise et le formulaire de déclaration de projet de travaux. Le dossier de consultation doit ensuite contenir les réponses des exploitants, la classe de précision des tronçons et, le cas échéant, les investigations complémentaires sur les réseaux classés B ou C.

Les girations se dessinent avec le véhicule le plus contraignant. Un poids lourd qui braque devant une borne levée, puis attend l’ouverture sans mordre sur la voie publique, réclame une surface que l’œil sous-estime sur un plan à plat. Côté piétons, une borne ou un coffret mal placé coupe la ligne de marche : les règles de détection exposées pour les potelets de trottoir valent pour tous les obstacles fixes de l’accès.

Du relevé au modèle 3D : la méthode

La maquette d’un accès part d’un existant mesuré, puis s’épaissit par couches, de l’esquisse jusqu’au dossier de consultation.

Caler un fond de plan fiable

Le point de départ reste le relevé de l’existant : bordures, regards, niveaux de chaussée, façades, clôtures, arbres. Un plan de géomètre au format DWG ou DXF fournit ce fond de plan, avec des altitudes exploitables pour les coupes. Les réponses des exploitants de réseaux s’y calent dans une couche à part.

Cette couche garde la trace de l’incertitude. Un tronçon classé B ou C ne se dessine pas comme un réseau repéré avec certitude : un fuseau large le représente mieux qu’un trait fin, et rappelle aux terrassiers la prudence qu’il impose.

Mains déroulant un grand plan papier sur une table de chantier en bois

Modéliser en volumes ce qui se construit

En trois dimensions, une fosse de borne devient un volume avec un fond, le massif de la barrière prend une hauteur, une tranchée acquiert une profondeur. Chaque objet porte ce qui servira au chiffrage : nature, position, dimensions. Les étapes décrites pour installer une borne escamotable, fosse bétonnée, fourreau, drainage, raccordement à l’armoire, deviennent des objets à dessiner, dans l’ordre du chantier.

Les coupes tirées du modèle révèlent ce qu’aucune vue en plan ne montre :

  • un fourreau projeté qui croise une canalisation existante ;
  • une fosse trop profonde au droit d’un réseau peu enterré ;
  • une pente de chaussée qui envoie les eaux de ruissellement vers les bornes ;
  • un îlot de guérite qui empiète sur la giration d’un poids lourd.

Chaque conflit réglé à ce stade évite une reprise en pleine fouille.

Produire plans et pièces graphiques avec un logiciel graphique 3D

Un logiciel graphique 3D pensé pour le bâtiment relie le dessin et le chiffrage : chaque objet saisi alimente un métré, et chaque métré renvoie à sa localisation sur le plan. Pour un projet d’accès, cette continuité supprime l’écart classique entre le plan remis aux entreprises et un quantitatif établi à part.

Le Graphic-Pack : logiciel graphique 3D dédié à l’économie de la construction suit cette logique. À partir de la modélisation du projet, il prend en charge le calcul et la gestion des métrés, de la DPGF, du DQE et du CCTP correspondants. Son éditeur français, ATTIC+, l’a bâti sur un moteur 2D et 3D développé exclusivement pour la gestion des pièces écrites, dont la première version remonte à 1996.

Pour une entrée de site, l’intérêt se mesure dès le départ. Le module de saisie 3D modélise la maquette à partir de simples fichiers 2D, DWG, DXF ou même PDF, puis en extrait l’intégralité des quantités et de leurs localisations. Une visionneuse graphique intégrée sert à visualiser, interroger ou contrôler les prestations affectées, avec leurs quantités et leurs CCTP, et se partage avec la maîtrise d’ouvrage, les bureaux d’études ou les entreprises. Côté BIM, le projet renseigné s’exporte au format IFC, et un module IFC importe une maquette existante pour la filtrer, la compléter ou la modifier élément par élément.

Sur un projet d’accès, le modèle produit quelques pièces clés :

  • un plan masse d’implantation, emprises et girations comprises ;
  • des coupes au droit de chaque fosse et de chaque traversée de réseau ;
  • un plan des réseaux projetés ;
  • des vues 3D de l’entrée, lisibles par un comité de direction ou un conseil syndical ;
  • des métrés localisés, base du cadre de décomposition des prix.

Tranchée ouverte avec fourreaux rouges posés au fond, près d’une fosse de borne coffrée

Maquette BIM, CCTP et DPGF : consulter les entreprises

La maquette BIM prolonge le modèle 3D : chaque objet y porte des informations, pas seulement une forme. Pour qu’elle circule entre les acteurs sans dépendre d’un logiciel donné, le format IFC sert de langue commune. La norme NF EN ISO 16739-1, publiée en avril 2024 d’après le catalogue de l’AFNOR, en définit le schéma de données.

L’organisation des échanges relève de la série NF EN ISO 19650, dont la partie 1, parue en décembre 2018, pose les principes d’un cadre de gestion de l’information : échange, enregistrement, contrôle de version, organisation. À l’échelle d’une entrée de site, ces principes se résument à trois réflexes : une version de référence nommée, un circuit de validation écrit, une liste de destinataires arrêtée.

Côté acheteurs publics, l’article R2132-10 du code de la commande publique autorise l’acheteur, si nécessaire, à exiger des outils de modélisation électronique des données du bâtiment, à condition d’offrir d’autres moyens d’accès tant que ces outils ne sont pas communément disponibles. Le CCTP, cahier des clauses techniques particulières, décrit ce qui reste propre à votre opération. Pour les bornes, il renvoie aux référentiels détaillés dans notre dossier sur les normes et certifications des bornes escamotables : NF P98-310, marquage CE, résistance aux chocs quand le site l’exige.

Pièce du dossierCe qu’elle fixeCe que la maquette lui apporte
Plans et coupesImplantation, emprises, réseauxDes vues tirées d’un modèle unique, cohérentes entre elles
CCTPMatériaux, performances, mise en œuvreLa localisation de chaque prestation décrite
Cadre de DPGFLa découpe du prix en postesDes quantités mesurées, poste par poste
Fichier IFCLes données des objetsUn échange entre acteurs sans ressaisie

Le cadre de DPGF remis vide de prix impose à chaque candidat la même découpe. Les offres se comparent ligne à ligne, et un écart de quantité saute aux yeux au lieu de se fondre dans un total.

Après le chantier : faire vivre les plans du site

Une maquette qui s’arrête à la réception perd une large part de sa valeur. Le plan de récolement remplace le projet par ce qui a réellement été construit : position des fourreaux, profondeur des fosses, emplacement de l’armoire, réseaux rencontrés pendant les fouilles.

La partie 3 de la série NF EN ISO 19650, parue en août 2020, porte sur la gestion de l’information pendant l’exploitation des actifs. Pour un parc de bornes, la traduction est concrète :

  • chaque borne garde un identifiant unique, repris dans le plan, la maquette et le carnet d’entretien ;
  • chaque intervention se rattache à l’objet dessiné, avec sa date et les pièces remplacées ;
  • toute modification, borne ajoutée ou lecteur déplacé, met à jour la version de référence ;
  • les réseaux posés rejoignent les plans de l’exploitant concerné.

Le calendrier de notre article sur la maintenance des bornes escamotables s’applique mieux quand le technicien sait, avant d’ouvrir une fosse, où passe le câble de la borne voisine. Un récolement à jour évite aussi qu’un chantier futur sectionne une alimentation oubliée.

Vue aérienne d’une entrée de site industriel avec une rangée de bornes en inox et une guérite

Prochaine étape : réunir le fond de plan avant le premier trait

Rassemblez trois pièces avant de dessiner la moindre borne : le relevé de géomètre de l’entrée au format DWG ou DXF, les réponses des exploitants à votre déclaration de projet de travaux, la liste des véhicules qui doivent franchir l’accès, secours compris. Calez-les dans un même modèle, puis comparez deux implantations en plan et en coupe. Le choix se fera sur des quantités mesurées, et le dossier de consultation partira avec des plans et des pièces écrites issus de la même source.

Questions fréquentes

Quel niveau de détail donner à la maquette d’un accès en phase de consultation ?

Le bon niveau décrit tout ce qu’une entreprise pose et facture, sans entrer dans le mécanisme des équipements. Fosses, massifs, tranchées, fourreaux, chambres de tirage, reprises de revêtement et marquages apparaissent avec leur localisation et leurs dimensions. La borne elle-même reste un volume simple, ses performances étant écrites au CCTP. Le détail d’exécution, ferraillage des massifs ou raccordement fin de l’armoire, revient à l’entreprise retenue, d’après la notice du fabricant.

Un plan scanné en PDF peut-il servir de base à la maquette ?

Oui, à condition de le traiter comme un calque et non comme un relevé. Vérifiez d’abord son échelle sur plusieurs cotes connues, car une numérisation déforme parfois le dessin. Un plan ancien ignore souvent les modifications faites depuis sa diffusion : bordures reprises, regards ajoutés, coffrets déplacés. Pour les niveaux de chaussée et le tracé des réseaux, un relevé de géomètre récent reste la référence. Le PDF garde alors son utilité pour retrouver l’intention du projet d’origine.

Les plans d’un dispositif de contrôle d’accès sont-ils des documents sensibles ?

Oui. Ils montrent l’emplacement des armoires de commande, le tracé des câbles et la position des déverrouillages de secours, donc les points faibles du site. La série NF EN ISO 19650 consacre sa partie 5, parue en juillet 2020, à une gestion de l’information axée sur la sécurité, destinée aux organismes qui manipulent des informations sensibles. En pratique, limitez la diffusion aux intervenants qui en ont besoin, tracez les versions remises et demandez la suppression des fichiers confiés aux candidats non retenus.